Extension du délit d’entrave à l’IVG : c’est la liberté de choix contre l’obscurantisme

Les députés débattent ce jeudi 1er décembre d’une proposition de loi visant à étendre le délit d’entrave à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) à un certain nombre de pratiques numériques qui, derrière un portail d’information neutre, ou singeant des sites officiels, redirigent les internautes en quête d’informations sur l’IVG vers des plate-formes téléphoniques animées par des militants « pro-vie ».
Le débat s’est beaucoup focalisé sur la question de la « liberté d’expression », et sur les « fausses allégations ».

Christophe Cavard est intervenu dans ce débat. Retrouvez son intervention en vidéo :

Monsieur le Président, Madame la Ministre, Madame la Rapporteure, chers collègues.
De quoi débattons-nous ici ? Nous débattons des formes de la propagande sur internet. Pas de savoir si toutes les opinions se valent, comme si tout était dans tout, et que ça n’avait finalement aucune importance ! Non ! Nous débattons de formes de pressions psychologiques, exercées sur des femmes qui traversent des épreuves, qui ont besoin d’être aidées, et qui, au lieu de cette aide, sont trompées, mises en relation avec des militants religieux qui cherchent à les culpabiliser et leur promettre la douleur, la douleur physique, et la douleur du péché.
Il ne s’agit pas d’opinions qui se valent, il s’agit de l’obscurantisme.
Mes chers collègues, vous êtes, comme moi, assaillis de messages électroniques vous demandant de voter ou de ne pas voter cette loi. J’en ai reçu un, hier, comme d’autres de mes collègues signataires de cette proposition, qui devrait nous interpeller. Un email d’un prêtre catholique, qui se dit exorciste à Toulon, dont voici le contenu :

« Si vous signez la proposition de loi interdisant les sites internet pro-vie, vous signez votre entrée dans l’enfer éternel ! »

« L’enfer éternel »! Voilà ce qu’une éminence des mouvements pro-vie se permet de promettre à des députés, à des représentants de la Nation !
Voilà exactement, mes chers collègues, de quoi il s’agit. Il s’agit de lutter contre des pratiques dangereuses, déviantes, inspirées par un obscurantisme d’un autre âge, puisque j’imagine aisément que ce prêtre n’est pas d’accord avec le pape François lorsque celui-ci demande à chaque prêtre d’absoudre les femmes qui ont avortées.
Ces menaces d’un autre âge, qui font fi de la séparation de l’église et de l’état, qui en appellent à l’application « d’une loi naturelle » sont du même registre que celles que nous avons à combattre lorsque nous luttons contre la propagande extrémiste et obscurantiste inspirées par d’autres courants radicaux religieux. Lorsqu’ils s’agit de ces sites, vous êtes prêts à les fermer. Et je suis d’accord. C’est ici la même chose. C’est sites délictueux ne doivent plus exister, cette propagande faussée ne doit plus s’épanouir sur les réseaux. Et c’est cela que cette proposition de loi va enrayer.

 

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